Lions de l’Atlas : Maroc‑Équateur, un nul plein d’enseignements pour les débuts de Mohamed Ouahbi

Lions de l’Atlas : Maroc‑Équateur, un nul plein d’enseignements pour les débuts de Mohamed Ouahbi

Après le dénouement rocambolesque de la finale de la CAN 2025 et la décision de la CAF d’attribuer sur tapis vert la victoire aux Lions de l’Atlas, le Maroc a retrouvé les pelouses lors d’un match amical contre l’Équateur à Madrid. Cette rencontre du 27 mars 2026 marquait la première sortie de l’équipe sous la houlette de Mohamed Ouahbi. Malmenés pendant une heure, les Marocains ont arraché le match nul (1‑1) grâce à un but de Neil El Aynaoui en fin de partie. Bien au‑delà du score, cette confrontation a permis de mesurer les forces et les faiblesses d’une sélection en pleine reconstruction et d’entrevoir la philosophie du nouveau sélectionneur.

**Une entrée en matière difficile**
Les partenaires d’**Achraf Hakimi** ont démarré la rencontre avec un onze très remanié. Plusieurs cadres du sacre de la Coupe du Monde 2022 sont absents ou ménagés, tandis que des nouveaux visages, comme le défenseur **Redouane Halhal** ou le milieu **Samir El Mourabit**, font leurs grands débuts. Face à eux, l’Équateur propose un bloc compact et agressif. Dès la reprise de la deuxième période, l’attaquant John Yeboah ouvre le score pour la Tri suite à un mauvais marquage【930827728141253†L107-L197】. Les hommes de Ouahbi se heurtent ensuite à un adversaire discipliné et à une défense recroquevillée.

La seconde mi‑temps voit l’issue de la rencontre basculer en quatre minutes. Au terme d’un pressing plus haut, **Achraf Hakimi** déborde sur la droite et centre pour **Neil El Aynaoui** qui reprend de la tête et égalise à la 87e minute【900875512138105†L155-L163】. Cette égalisation libère un stade acquis à la cause marocaine. Ouahbi, pour son premier match, évite la défaite et prolonge l’impressionnante série d’invincibilité des Lions de l’Atlas, désormais de 25 rencontres【930827728141253†L107-L197】.

**Les enseignements tactiques**
Si le résultat reste anecdotique, la manière intéresse au plus haut point. Dès son intronisation, Mohamed Ouahbi a affirmé vouloir s’appuyer sur la génération 2022 tout en injectant du sang neuf. Contre l’Équateur, il opte pour un 4‑2‑3‑1 avec un double pivot Hrimat–El Aynaoui et une ligne offensive composée d’Abde Ezzalzouli, Brahim Diaz et Ayoub El Kaabi. Le premier constat est la difficulté à trouver des automatismes. Le pressing est parfois mal coordonné et le bloc se scinde en deux. Néanmoins, certains motifs d’espoir se dessinent : la mobilité d’**El Aynaoui**, la qualité technique d’**El Khannouss** entré en jeu, et la solidité retrouvée de la charnière **Issa Diop – Redouane Halhal**.

Dans son analyse d’après‑match, **Yassine Bounou** a rappelé que « les joueurs se concentrent sur l’avenir et refusent de ressasser la polémique autour de la finale de la CAN »【618974007369971†L120-L133】. Le gardien d’Al‑Hilal a souligné la gestion du temps faible et la capacité à réagir en fin de partie. Pour Ouahbi, ce match nul a valeur de test : « C’est quand tout va mal qu’on juge le caractère d’une équipe », a‑t‑il déclaré en conférence de presse. Il a insisté sur l’importance de la solidarité et de l’intégration des nouveaux.

**Des supporters partagés mais confiants**
Dans les tribunes du Wanda Metropolitano, des milliers de supporters marocains s’étaient déplacés, certains drapés aux couleurs nationales et d’autres brandissant des pancartes réclamant la restitution de la coupe. Pour le supporter Yassine el‑Aouak, interviewé par Al Jazeera, « la règle est claire : si vous quittez la pelouse sans raison, vous perdez 3‑0 »【618974007369971†L130-L142】. Le public estime que la justice a été rendue et se projette déjà vers la Coupe du Monde 2026. L’enthousiasme des fans démontre combien la passion pour les Lions de l’Atlas dépasse la controverse et comment une simple rencontre amicale devient un événement national.

Cette ferveur populaire masque néanmoins certaines inquiétudes. Les réseaux sociaux regorgent de critiques sur le manque d’efficacité offensive et l’absence d’occasions franches. L’attaquant Ayoub El Kaabi, auteur d’un doublé en finale de la CAN, est resté muet. Certains estiment que le sélectionneur devrait rappeler Youssef En‑Nesyri, laissé au repos lors de ce rassemblement, ou tester la jeune pépite **Yassir Zabiri** encore en équipe espoir. D’autres ciblent le jeu sur les ailes jugé stéréotypé.

**La gestion des binationaux et la profondeur de banc**
L’autre grand enseignement de ce match réside dans l’intégration des binationaux. La Fédération, menée par Fouzi Lekjaa, a obtenu l’aval de la FIFA pour que des joueurs formés en France, Belgique ou Pays‑Bas revêtent désormais le maillot rouge【946208013732040†L163-L176】. C’est le cas d’**Issa Diop** (Fulham) et de **Rayane Bounida** (Ajax), autorisés fin mars à rejoindre la sélection, ou encore des jeunes Saif Eddine Lazar et Oualid Agougil【946208013732040†L214-L229】. Ce réservoir élargi permettra de pallier les éventuelles défaillances et de préparer la succession des cadres comme Romain Saïss, retiré de la scène internationale.

Le match contre l’Équateur a aussi montré la polyvalence de certains éléments. **Soufiane Rahimi**, repositionné en deuxième mi‑temps, a pesé sur la défense équatorienne. **Abde Ezzalzouli** a confirmé ses qualités de percussion et de dribbles, même s’il doit améliorer sa finition. La titularisation de **Achraf Hakimi** au poste de latéral droit a apporté des solutions offensives, mais son replacement laisse des boulevards derrière lui, comme sur l’action du but équatorien【930827728141253†L107-L197】.

**Un nul qui sert de tremplin**
En définitive, ce 1‑1 contre l’Équateur est à prendre comme un point de départ plutôt que comme un résultat négatif. Malgré des passages à vide et des imperfections tactiques, les Lions ont démontré du caractère et une capacité à revenir au score. L’égalisation de **El Aynaoui** en fin de match illustre la détermination d’un groupe en phase de recomposition. Surtout, cette rencontre a permis à Ouahbi de tester des jeunes et de découvrir des axes de travail avant des échéances plus importantes.

La route vers la Coupe du Monde 2026 sera semée d’embûches. Le Maroc figure dans un groupe relevé avec le Brésil, l’Écosse et Haïti. Mais avec une génération dorée, une diaspora de plus en plus impliquée et un public passionné, les Lions de l’Atlas ont de sérieux arguments pour rêver d’un nouvel exploit. Ce match nul contre l’Équateur apparaît ainsi comme un maillon essentiel dans la construction d’un groupe qui se veut conquérant et ambitieux.

Laisser un commentaire