Un malaise dans l’eau : comment un incident cardiaque peut-il survenir en piscine ?

Un malaise dans l’eau : comment un incident cardiaque peut-il survenir en piscine ?

Un malaise dans l’eau : comment un incident cardiaque peut-il survenir en piscine ?

L’actrice franco-marocaine Nadia Farès est décédée le 17 avril 2026, à 57 ans, des suites d’un malaise cardiaque survenu six jours plus tôt dans la piscine d’une salle de sport parisienne. Son décès relance une question simple : comment un incident cardiaque peut-il se produire lors d’une activité aussi douce que la natation ?

Les circonstances du malaise

Nadia Farès a été retrouvée inconsciente le 11 avril 2026 dans le bassin d’une salle de sport à Paris. Une autre nageuse présente sur place lui a prodigué les premiers gestes de réanimation avant l’arrivée des secours. Transportée à l’hôpital, l’actrice a été placée en coma artificiel avant de subir un arrêt cardiaque qui lui a été fatal le 17 avril.

Une actrice née à Marrakech

Née le 20 décembre 1968 à Marrakech d’un père marocain et d’une mère arménienne, Nadia Farès avait la double nationalité franco-marocaine. Révélée en 2000 dans le thriller policier « Les Rivières pourpres » aux côtés de Jean Reno, elle avait ensuite tourné dans plusieurs productions françaises et internationales, dont le film d’action « War » en 2007, avant d’apparaître dans la série « Marseille » en 2016.

Un sport porté qui sollicite le cœur différemment

La natation est un sport porté : le corps flotte, la gravité est atténuée, ce qui protège les articulations. Pour le cœur, en revanche, la position horizontale et l’immersion ne sont pas anodines. Le Club des cardiologues du sport rappelle que l’immersion augmente le retour veineux et peut accroître le débit cardiaque de 30 à 60 %. La fréquence cardiaque baisse en réponse, sous l’effet du système nerveux parasympathique, pour maintenir ce débit. Le cœur doit donc s’adapter en permanence à ces contraintes propres au milieu aquatique.

Un risque de trouble du rythme plus difficile à repérer

Selon le Club des cardiologues du sport, les extrasystoles – des battements cardiaques irréguliers – sont plus fréquentes pendant la nage que lors d’un effort équivalent sur terre, et les premiers signes d’alerte y sont souvent perçus plus tardivement par le nageur, notamment parce que la fraîcheur de l’eau masque la sensation d’essoufflement. Chez les personnes coronariennes, le seuil d’ischémie, c’est-à-dire le moment où le cœur manque d’oxygène, serait aussi atteint plus tôt dans l’eau que sur un vélo ou un tapis de course. Cela n’interdit pas la natation aux cardiaques stables, mais explique pourquoi un avis médical est recommandé avant d’y revenir après un problème cardiaque.

L’effet de la température et des apnées

Le milieu aquatique impose aussi des contraintes respiratoires : les mouvements de nage s’accompagnent souvent de phases d’apnée qui réduisent la ventilation. La température de l’eau, quand elle est froide, provoque une vasoconstriction et une hausse de la pression artérielle. Chez une personne ayant des antécédents cardiovasculaires ou une fragilité particulière, ces éléments peuvent suffire à déclencher un malaise, y compris dans une piscine surveillée comme celle d’une salle de sport.

Des antécédents cardiaques lourds

Le communiqué de ses filles précisait que Nadia Farès était décédée « à la suite d’un incident cardiaque ». L’actrice avait déjà subi des interventions lourdes : selon ses propres confidences, elle avait été opérée du cerveau en 2007 et avait subi trois opérations du cœur en quatre ans. Ces antécédents ont pu augmenter le risque de malaise, malgré la présence d’une autre personne dans l’eau au moment des faits.

Les précautions recommandées

Les spécialistes recommandent aux personnes ayant des antécédents cardiaques de consulter leur médecin avant de reprendre une activité aquatique. Il est aussi conseillé de nager accompagné, en particulier dans une piscine privée où la surveillance peut être réduite, de s’échauffer avant d’entrer dans l’eau, et d’interrompre l’effort au moindre signe de malaise. Dans le cas de Nadia Farès, la présence d’une nageuse à proximité et sa réaction rapide ont permis une prise en charge immédiate, sans toutefois suffire à éviter le décès.

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