CAN 2025 – Maroc-Sénégal : Pape Thiaw entre excuses maladroites et controverse disciplinaire

Pape Thiaw, CAN 2025 : une attitude antisportive qui ternit la finale Maroc-Sénégal

CAN 2025 – Maroc-Sénégal : Pape Thiaw entre excuses maladroites et controverse disciplinaire

Une “réaction émotionnelle” qui ne tient pas

Qualifier l’ordre donné à ses joueurs de quitter volontairement le terrain comme une simple « réaction émotionnelle » est une minimisation dangereuse.
Un sélectionneur national n’est ni un supporter, ni un joueur sous adrénaline. Il est :

  • responsable du comportement de son équipe,

  • garant du respect des règles,

  • et dépositaire de l’image du football africain.

Encourager un abandon de terrain, même temporaire, n’est pas une émotion : c’est une décision consciente, prise pour faire pression sur l’arbitrage. Le règlement de la CAF est pourtant limpide : quitter le terrain constitue un acte antisportif grave, passible de lourdes sanctions. En cela, Pape Thiaw ne peut pas se réfugier derrière l’émotion.

L’argument de “l’injustice” : un précédent dangereux

En affirmant avoir voulu « protéger ses joueurs face à l’injustice », Pape Thiaw ouvre une porte extrêmement dangereuse :
depuis quand une équipe décide-t-elle elle-même qu’une décision arbitrale justifie la désobéissance aux règles ?

Des penalties contestables, il y en a dans toutes les compétitions, sur tous les continents.
Si chaque entraîneur se permettait de :

  • stopper le jeu,

  • quitter le terrain,

  • remettre en cause l’arbitre par la force collective,

alors le football ne serait plus gouverné par des lois, mais par le rapport de force et la pression émotionnelle.

Une attitude qui ternit la victoire sénégalaise

Le paradoxe est cruel pour le Sénégal. Cette équipe a remporté la CAN sur le terrain, au terme d’un tournoi solide. Pourtant, l’attitude de son sélectionneur :

  • a éclipsé la performance sportive,

  • a déplacé le débat vers l’arbitrage et le chaos,

  • et a terni une victoire qui aurait dû rester historique.

Quand Pape Thiaw parle de ses joueurs comme de « guerriers », il confond combat sportif et confrontation extra-sportive. Le football n’est pas une guerre, et le courage ne consiste pas à quitter le terrain, mais à jouer jusqu’au bout, même dans l’adversité.

Des excuses à moitié assumées

Le message publié sur les réseaux sociaux ressemble davantage à une opération de communication qu’à de véritables excuses.
Les formulations sont révélatrices :

  • « Je m’excuse si j’ai pu heurter certaines personnes »

  • « Les amoureux du football comprendront »

Ce type de phrase ne reconnaît jamais pleinement la faute. Elle la conditionne, la relativise, et la renvoie à l’interprétation des autres. Un vrai leader assume sans condition.

Pourquoi les sanctions apparaissent légères

C’est précisément ce discours victimaire qui rend les sanctions de la CAF encore plus problématiques.
Malgré :

  • un encouragement à quitter le terrain,

  • une atteinte à l’autorité arbitrale,

  • un précédent extrêmement grave,

les sanctions infligées à Pape Thiaw restent modérées au regard des règlements existants. Ce décalage alimente un sentiment d’injustice et renforce l’idée que certaines décisions relèvent plus de l’équilibre politique que de la rigueur sportive.

Conclusion : un entraîneur doit montrer l’exemple

Pape Thiaw avait l’occasion, avec cette prise de parole, de :

  • reconnaître clairement son erreur,

  • rappeler son attachement aux règles,

  • et contribuer à apaiser le football africain.

Il a préféré se justifier.

Le football africain mérite mieux que des finales marquées par des départs de terrain et des récits réécrits après coup. L’autorité, la responsabilité et l’exemplarité ne sont pas négociables, surtout à ce niveau.

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